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samedi 19 avril 2008, par DirpubHommage à Aimé Césaire - L’homme fondamental
La disparition d’une personnalité de la stature de Césaire ne laisse pas indifférent le microcosme médiatico-politique. En cela, la nouvelle de la mort du poète ne déroge pas à la règle établie. Mais plus qu’une simple reconnaissance, les nombreux témoignages et l’unanimité qui s’expriment autour de sa personne sont moins le fait d’un consensus dicté par le respect du décorum, qu’une exigence qui émane de la personnalité monumentale de l’homme : il force le respect et l’admiration même des plus irréductibles de ses détracteurs.
Anticolonialiste viscéral, Césaire a su mettre sa science et sa conscience au service de la lutte de libération des peuples noirs opprimés, par la défense et l’illustration de l’identité nègre alors méprisée, avilie, rejetée au rang de l’animalité.
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La négritude, concept authentique sorti des profondeurs de sa conscience politique, a servi de catalyse et de pôle d’identification des luttes d’émancipation et de libération des peuples noirs dominés. Il a su réconcilier, par le truchement de sa production littéraire, l’Afrique et sa diaspora des Antilles autour de leur identité commune, au delà des itinéraires particuliers ultérieurement suivis de part et d’autre. En pleine période du colonialisme triomphant, Aimé Césaire a préféré emprunter les chemins scabreux de la lutte pour la dignité, au lieu des voies dégagées de la compromission et de la reconnaissance facile, à laquelle il pouvait légitimement prétendre en sa qualité de normalien de la rue d’Uhlm. Equilibre et justice, équité et vérité, tel était le crédo de l’idéal cesairien. Il était l’incarnation de la Maât, la sagesse personnifiée. Sa science n’était pas désincarnée. Elle véhiculait un message universel de liberté, une éthique enracinée dans les valeurs cardinales qui fondent notre humanité, une conviction profonde et puissante, qui transparaissait dans la profondeur de son regard éclairé. La singularité de l’homme réside moins dans ses choix initiaux, au demeurant courageux, que dans la constance de son engagement et de ses convictions, la persévérance dans son idéal de justice, la revendication sans cesse réitérée de sa négritude, au moment où les idéologies se renouvellent dans la stigmatisation du nègre. Il a livré ainsi aux générations qui lui ont succédé et aux générations futures, la leçon magistrale de vertu, d’éthique et d’engagement qui participent incontestablement à la restauration de la conscience universelle. Dans l’Afrique ancestrale, berceau de l’humanité, aujourd’hui engagée dans une trajectoire difficile, son attitude mérite une profonde réflexion. De la terre où nous sommes, il nous parvient l’écho des astres, celui de la longue procession de ses illustres prédécesseurs dans l’au-delà , drapés dans leurs plus beaux apparats, impatients de le recevoir dans la splendeur du panthéon céleste. Nègre fondamental se définissait-il, être fondamental était-il tout simplement, dans toute sa quintessence humaine. Khadim SYLLA K_sylla@hotmail.com Erreur Rien à faire ici. |
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